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 Lors d'un salon comme le Cebit, on découvre parfois – par le plus grand des hasards – un produit dont ont ne soupçonnait pas l'existence. Cette année, nous avons rencontré Steve Wang, vice-président d'Infrant Technologies, une société qui commercialise un serveur NAS abordable basé sur un SOC développé par leurs soins. Que se cache-t-il derrière ce jargon peu attrayant ? Pour rester simple, un NAS est un disque dur qui se connecte directement à un réseau. Grâce à une administration centralisée, tous les PC d'un réseau peuvent y accéder et ainsi bénéficier d'un espace de stockage complémentaire partagé et régi si besoin est par un système de quotas et de mots de passe. A côté de quelques solutions très économiques et relativement peu convaincantes, le NAS 600 d'Infrant nous a franchement intéressés !
NAS ou Network Attachement Storage
Comme beaucoup d'autres technologies, le NAS est à la base une solution typique des entreprises. Dans ce domaine, on parle d'ailleurs souvent de "serveur NAS" car il s'agit presque d'un véritable système avec un processeur et tout le reste mais surtout des disques durs avec protection des données (au moins du RAID 1). Nous ne nous attarderons pas sur les possibilités avancées de ces machines en milieu d’entreprises, ce n'est pas notre rayon. Par contre, le concept de NAS simplifié prend tout son sens dans le cadre d'un usage à domicile ou même en PME, voire comme solution d'appoint pour une plus grande entreprise. Simplifié, oui mais à quel point ? Lors de notre rencontre, Steve Wang nous a parlé des différences importantes entre les NAS d'entreprises et sa vision d'un NAS plus orienté Soho/PME. Un des premiers critères dissuasifs des systèmes NAS est le prix. En effet, si on examine l'offre assez variée en serveurs NAS, on se rend compte qu'il s'agit souvent de véritables systèmes montés en rack de 19 pouces dont les prix débutent rarement à moins de 4000€. Ce tarif s'explique en partie par la présence d'un processeur de type Pentium 4, d'un OS, etc. Ces systèmes sont souvent conçus pour fonctionner dans un local technique et le silence ne fait pas partie des pré requis. Plus proche du concept qui nous intéresse, les solutions d'Iomega présentent des avantages intéressants pour un usage Soho/PME notamment avec un design avenant et un niveau sonore standard. Cependant, la présence d'un vrai processeur (Pentium 4 ou Celeron) et d'un Microsoft Windows Storage Server 2003 fait exploser le prix de la série 200d (à partir de 1700€ pour 2 x 160Go). Quant aux Iomega NAS 100d, la présence d'un seul disque en limite un peu l'intérêt mais le budget est franchement plus abordable : 600€ TTC pour 160Go. Le pari d'Infrant est de proposer une solution NAS avec un positionnement franchement agressif à savoir 4 x 120Go en RAID 5 à moins de 1800€.
Infrant NAS600
Pour compresser les prix, Infrant utilise une puce spécifique : l'Infrant’s Network Storage Processor IT3107. Ce composant intègre un processeur 32bits RISC et supporte nativement 4 connecteurs SATA-150 avec RAID 0/1/5, une interface PCI, une interface Gigabit, des ports USB et un contrôleur mémoire pour de la DDR PC2700. En outre, l'IT3107 dispose d’une fonction de monitoring des températures, voltages et vitesses de ventilateur. Au niveau électrique, la puce est alimentée en 1.5v (3.3v pour les I/O) et assure 2.5v pour la mémoire. L'intérêt de ce SOC (System On Chip) est évident face aux solutions qui renferment un vrai PC. Un processeur dédié est comme son nom l'indique fait pour une tâche et il la remplit parfaitement. Dans le cas du NAS600, le processeur IT3107 est surmonté d'un simple petit radiateur et chauffe à peine.
L'IT3107 prend place sur une carte mère également spécifique : la ReadyNAS™ IT71004 Network and RAID controller. Il s'agit d'une carte mère au format Flex-ATX qui dispose de 4 ports SATA, deux sorties USB 2.0, d'une banque SODIMM DDR, du processeur développé par Infrant et d'un connecteur CompactFlash. Ce dernier reçoit une carte CF qui contient le système d'exploitation du NAS600 appelé RAIDiator. Détail qui a son importance, le slot CF est accessible de l'extérieur du NAS600 moyennant le retrait de deux vis fixant une trappe d'accès. Ce système est comparable à un BIOS monté dans un socket amovible : en cas de problème (par exemple suite à une mauvaise manipulation dans une mise à jour), on peut toujours réaliser un échange…
La carte mère est placée au fond du boîtier du NAS600. L'ensemble est d'une finition exemplaire et arbore un design neutre. Sans faire de l'ombre à la façade d'un Shuttle, le NAS600 ne dénature pas l'endroit où il prend place, même à côté d'une d'une DivxBox. La face avant est ajourée pour permettre à l'air frais d'entrer et refroidir les disques. Elle comporte un bouton de mise sous tension, une led bleue qui fait office de témoin de fonctionnement et quatre leds de couleurs variables vertes et ambres (une pour chaque disque). Le flux d'air est assuré par un ventilateur ''cylindrique'' : audible à ~3800rpm à plein régime, mais silencieux à ~1300rpm lors d'un usage courant. Le NAS600 que nous avons reçu est équipé de 4 disques durs Samsung Spinpoint SP1213 de 120Go montés en RAID 5. En fonctionnement, les disques sont à ~37°C tout comme la température ambiante du boîtier. Le bloc d'alimentation est compact et son ventilateur est également très silencieux. L'arrière du NAS600 présente un port Ethernet Gigabit, deux ports USB, un braquet pour le port PCI et un petit trou pour réinitialiser l'appareil en cas de besoin. A noter que les ports d'extension USB sont limités aux imprimantes et périphériques réseau. A l'usage, le NAS600 peut compter sur des points forts tels que le silence de fonctionnement, une faible dissipation thermique et un look qui ne le condamne pas à opérer caché !



Mise en œuvre…
L'installation d'un NAS600 est d'une grande simplicité. Il suffit de le connecter au secteur et à une prise Ethernet (généralement à un routeur ou un switch) et lancer l'utilitaire RAIDar qui permet de détecter l'IP assignée au NAS600. On choisira de lui attribuer une IP fixe via la configuration du routeur du réseau ou d'utiliser les possibilités de serveur DHCP présentes dans le NAS600. Dans le cadre d'une utilisation avec partage d'une connexion Internet, il est préférable d'utiliser le DHCP du routeur plutôt que celui du NAS. Enfin, les deux options sont possibles, ce qui permet d'intégrer au mieux le NAS600 selon la topologie du réseau.

L'onglet Welcome ne donne pas d'informations importantes. On y retrouve les informations réseau telles que l'adresse IP, la MAC adresse, le DNS, le Gateway et l'espace disque du NAS600 ainsi que son taux de remplissage. La barre de statut affiche un résumé de l'état du disque. Si tout est vert : tout baigne !

La partie Clock permet de configurer l'heure du NAS600. Inutile de se fatiguer à régler heure et date, le système est capable de se connecter à un serveur de temps, ce qui simplifie la maintenance.

Dans la section Network se trouvent toutes les fonctions relatives au comportement réseau du NAS600. Il agit soit en tant que client DHCP, soit en tant que serveur DHCP. Les options sont identiques à celles qu'on retrouve dans la majorité des routeurs.

Sous l'entête Security se trouvent les options relatives à la stratégie de partage. Share est le mode le plus simple, tout le monde a les mêmes droits d'accès au NAS600. User est un système de fonctionnement plus élaboré. Il faut créer des utilisateurs et leur attribuer les permissions et des quotas si besoin. Enfin, le mode Domain est réservé aux environnements domaniaux. Il permet d'attribuer les droits d'accès au serveur NAS600 en se basant sur les utilisateurs existants via ADS par exemple.






La partie Share regroupe bien évidemment toutes les options de partage. On y crée des ''partitions'' avec leurs quotas, le paramétrage des snapshots, des services comme par exemple le support de FTP.

La zone système regroupe les options de configuration des alertes via envoi de mails par SMTP, la gestion des mots de passe pour l'accès au NAS600, les paramètres de performances (comme l'activation du cache en écriture), le choix de la langue de l'interface (anglais ou langues asiatiques), la mise à jour du firmware et enfin le redémarrage ou l'arrêt.


Sous Statut, l'interface affiche l'état du BAS600. Les logs sont conservés sur une longue durée. Le monitoring est assez complet et l'interface permet un contrôle rapide.
Simulation de panne
Après avoir activé le système de notification de panne par mail (confirmé par réception d'un courrier), nous avons ouvert le NAS600 et débranché un disque à chaud. L'utilitaire RAIDar s'est mis à clignoter et un message d'alerte s'est affiché sur l'interface d'administration du NAS600.

L'utilitaire signale que le disque dur 1 est ''dead''. Sur la face avant du NAS600, la led du disque 1 reste allumée de couleur ambre signalant un défaut. La led bleue qui fait office de témoin de fonctionnement du NAS clignote également. Curieusement, le mail d'alarme n'est jamais arrivé même après ¼ heure de panne alors que nous avons bien reçu celui de test (qui confirme que le service est fonctionnel). Après une petite enquête, le serveur d'Infrant n'est nullement incriminé, mais notre ISP a mis le temps à envoyer le courrier venu du NAS. Tout est arrivé en une fois : 97 mails ! Avec un autre SMTP, tout s'est déroulé sans problème…
Nous avons mis le NAS600 hors tension depuis son interface d'administration, rebranché le disque dur et relancé l'appareil. La reconstruction du RAID 5 débute automatiquement. Dans notre cas, 2 heures ont été nécessaires à la reconstruction de la matrice Raid. A noter que le NAS600 reste opérationnel avec un disque ''en panne" tout comme pendant la reconstruction.


Durant la phase de reconstruction, nous avons débranché le ventilateur afin de vérifier une nouvelle fois l'alerte par mail… Le mail est arrivé très rapidement, mais cette fois un utilisant un autre SMTP que Skynet visiblement réfractaire à relayer ce qu'il considère probablement comme du spam.
Tests
Nous avons testé le partage d’imprimante via les ports USB du NAS600. Notre vieille Epson Stylus 740 a été partagée depuis le serveur NAS mais il a fallu choisir manuellement les pilotes dans Windows XP. Avec une imprimante plus récente, il aurait suffit de mettre le CD-ROM de pilotes. Quoi qu’il en soit, le côté ‘’plug’n’play’’ est perdu mais ce n’est pas bien grave, le principale demeure : l’impression en réseau fonctionne.
Du côté des performances, le bilan est plus morose. Nous avons utilisé un dossier contenant 2695 fichiers dont 224 dossiers et deux très gros fichiers (598Mo et 459Mo) afin de mesurer et monitorer les transferts. Notre réseau local est en 100Mbps comme beaucoup et nous avons fait la plus grande partie des essais ainsi. Nous avons chronométré le transfert de ces fichiers du PC de test vers le NAS600 et vers un autre PC (notre ‘’serveur personnel’’) ainsi que l’opération inverse, à savoir retour vers le PC de test.
Le tableau n’est pas brillant, le NAS600 se fait largement distancer par notre PC serveur. Nous avons surveillé la connexion réseau avec le Gestionnaire de Tâches. Lorsqu’il s’agit de recevoir des données, l’interface réseau du NAS semble saturer et le taux d’occupation varie continuellement entre 33% et 66% même sur les gros fichiers. Dans un cas comparable, le PC serveur maintient un taux de 86% ! En débit, le NAS600 est moins variable et arrive à occuper 70% de la bande passante contre 80% pour le serveur. Là encore, il faut noter une faible performance du NAS600 : avec les petits fichiers, le débit est vraiment mauvais (parfois moins de 1% d’occupation de la bande passante).

Que ce soit en 100Mbps ou 1000Mbps, avec ou sans routeur, la courbe fait du yoyo...
Avec une connexion directe au PC, on passe en 1000Mbps. Mais nous avons été déçus de constater que les temps de transfert n’ont pas progressé pour charger le NAS600. La cause ? Le même problème qu’en 100Mbps : une occupation de la bande passante qui fait du yoyo… Heureusement, vers le PC de test, le gain est notable.

Le NAS600 en 100Mbps

Le NAS600 en 1000Mbps

Notre PC serveur en 100Mbps
Avec Sandra, on obtient un taux de transfert de 8Mo/s en réseau 100Mbps, comme notre PC serveur mais on grimpe à 16Mo/s en 1000Mbps. Lors des tests combinés de lecture et d’écriture, le NAS600 ne fait pas mieux que notre serveur… Autre petit détail, le NAS600 se branche sur un hub, switch ou routeur via un câble droit mais il faut un câble croisé pour le brancher en direct sur un seul PC. On aurait quand même aimé un connecteur « autosense » qui croise si besoin.
Conclusion
L’Infrant NAS600 arrive avec de bons atouts sur un marché émergeant. En effet, plus les réseaux soho se développeront, plus les serveurs NAS prendront de l’intérêt. Il est bien plus pratique de centraliser les fichiers importants sur un NAS que devoir systématiquement allumer les deux PC qui doivent échanger des données. En outre, le partage d’impression fonctionne très bien, ce qui se permet de ne pas immobiliser un PC comme serveur de fichiers et d’impression. Le NAS600 est suffisamment design et silencieux pour prendre place un peu partout. Il chauffe peu et consomme seulement 0,26A en moyenne contre 0,40A pour un PC sans écran. Le système d’exploitation développé par Infrant est pratique et tout est sous monitoring avec envoi de mail en cas de défaillance. Les performances sont cependant un peu faiblardes et le Gigabit ne semble pas vraiment exploité… Mais nous restons sur un avis très positif notamment pour la simplicité de mise en œuvre et la qualité de finition. Qui plus est, mieux vaut mettre 2 minutes de plus à copier des données en sécurité qu’à les copier sans filet. Seule véritable ombre au tableau, le prix. Même si 1800€ reste un tarif cassé pour ce genre d’appareil, la note ne passe déjà pas facilement pour une petite PME, elle rebute les particuliers. Pour 1800€, il y a de quoi faire un beau PC avec une volée de disques durs en RAID 0+1 ou en RAID 5 avec les derniers chipset Intel.
Infrant NAS600 : 9/10
Pour : Facilité de mise en oeuvre, OS bien conçu, print serveur, serveur DHCP, RAID 5, silencieux et design, support wifi (USB et PCI), logiciel de backup livré, snapshot, intégration domaniale, administration disatante, alerte par mail, qualité de fabrication.
Contre : Port RJ45 non autosense, performances moyennes
Nous aurions aimé... Juste une chose : un prix encore plus bas !
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