| 21 novembre 2007 - Par Benoît Dupont |
LCD ou plasma ? HD-Ready ou Full-HD ? Quelle diagonale ? Faut-il croire au 24p ? Autant de question auxquelles il faudra répondre le moment de l’achat venu. Mais voilà, difficile de se faire une opinion lorsque les étiquettes mentent et que les vendeurs débordés sont souvent dépassés. Ère-Numérique fait le point sur l’écran plat et vous donne les clés pour un achat en toute sérénité.

À l’heure de remplacer un téléviseur à tube vieillissant, la question qui revient le plus souvent reste : « Dois-je prendre un LCD ou un Plasma ? ». Il est vrai que la technologie des tubes cathodiques et bien qu’ayant atteint ses limites, elle a au moins le mérite de placer le consommateur en terrain connu. Avec l’écran plat, la sensation de saut dans l’inconnu est particulièrement tangible à une heure où les tenants des deux technologies s’affrontent à grand renfort de fausses rumeurs, de prétendus avantages techniques et autres moyens de désinformations patentés. Et dans tout cela, c’est bien évidemment le consommateur qui trinque. Mais si la fréquence de cette question, LCD ou plasma, justifie à elle-seule qu’elle soit posée, il se trouve qu’aujourd’hui c’est probablement une des plus hors de propos.
En effet, si les deux types d’écrans présentent des différences technologiques certaines, leurs qualités et leurs endurances respectives donneront à coup sûr satisfaction à leur possesseur, pour peu qu’ils aient réalisé leur achat en connaissance de cause. L’important n’est donc pas tant de savoir s’il faut acheter un LCD ou un plasma dans l’absolu, mais de comprendre quelle technologie vous conviendra le mieux en fonction de votre usage télévisuel. Pour reprendre une analogie automobile, la « tarte à la crème » LCD ou plasma n’est pas sans rappeler la brûlante question « essence ou diesel ». Celui qui peut répondre assurément à cette question aujourd’hui sans tenir compte des usages de chacun n’est peut-être pas de bon conseil…
Des différences technologiques certaines…

Quelque soit la technologie choisie, le téléviseur plat comporte toujours une multitude de points élémentaires appelés pixels. Leur nombre détermine la résolution de l’écran. Chaque pixel contient trois sous-pixels, rouge, vert et bleu, dont l’intensité est dosée pour obtenir la teinte désirée. Tout le problème de l’affichage se résume finalement pour les constructeurs à trouver le moyen d’afficher ces trois couleurs élémentaires, avec une finesse suffisante pour afficher de belles couleurs et dans un encombrement réduit. Pour ce qui est du LCD, le principe est assez simple. Le cristal liquide n’émet aucune lumière. C’est pour cela que les écrans à cristaux liquides disposent d’un rétro-éclairage.
En revanche, le cristal a l’avantage de se comporter comme un interrupteur à lumière lorsqu’il est soumis à une tension électrique. En jouant sur la tension de contrôle, on peut fermer plus ou moins cet interrupteur à lumière. Comme la lumière du rétro-éclairage est blanche, on place trois interrupteurs par pixel et simplement trois filtres de couleurs : rouge, vert et bleu. La couleur peut alors être dosée à volonté selon ce que l’on souhaite obtenir. Il existe bon nombre de variantes de la technologie LCD mais toutes se basent sur ce même principe fondamental. L’écran plasma quant à lui utilise de minuscules lampes fluorescentes rouges vertes et bleues pour afficher les images. Ces petites « néons » colorés sont allumés plus ou moins fort pour réaliser le dosage.
… et leurs conséquences au quotidien
Plus que les différentes options techniques, ce sont surtout les avantages de l’une et l’autre technologie qui importent. L’atout premier du LCD est de permettre la fabrication d’écrans plats de petites tailles disposant d’une bonne résolution. On pourra donc trouver facilement des téléviseurs LCD dès 36 cm de diagonale alors que le premier plasma est à 94 cm de diagonale. À l’inverse du plasma, le LCD ne scintille pas, on peut donc facilement se placer tout près de la surface de l’écran, à condition d’avoir opté pour une luminosité modérée. Il est donc particulièrement indiqué pour les joueurs sur console, traditionnellement plus proches de leurs écrans.

Cette technologie conviendra également davantage à ceux qui privilégient l’immersion dans les films, le grand spectacle, à défaut de pouvoir installer un projecteur vidéo, imbattable sur ce point. Enfin le LCD reste malgré tout plus tolérant que le plasma pour ce qui est de la qualité des sources vidéo. Si vous n’avez pas un équipement home cinéma pointu, mieux vaut porter votre dévolu sur un LCD ; mais le LCD n’est pas sans faille. Malgré des progrès constants, la profondeur du noir est supérieure sur le plasma puisque les petites lampes restent éteintes, alors que le rétro-éclairage conserve toute sa puissance sur le LCD, laissant ainsi le téléspectateur à la merci des fuites lumineuses sur les pixels. À tarif égal, on peut également dire que le plasma présente des couleurs plus riches, plus précises. Certes, les fabricants de LCD proposent aujourd’hui des rétro-éclairages plus poussés, mais uniquement sur les modèles haut de gamme. Sur les écrans plasma, les images sont aussi globalement plus douces et plus naturelles, même en haute définition.
On reproche en effet souvent aux écrans LCD leur image trop nette, quasi-chirurgicale. En définitive, le plasma convient mieux à ceux qui sont sensibles à la qualité des couleurs avant tout. Dans le cadre d’une utilisation home cinéma, lorsque la pièce est dans le noir et avec un équipement vidéo assez pointu, le plasma présente la meilleure image. En revanche, en lumière du jour et en s’approchant, le LCD prend le dessus. Pour le reste, c’est aussi et surtout une question de préférence personnelle entre la netteté absolue et la douceur relative de l’image. Enfin, la technologie LCD implique une latence qui pouvait gêner par le passé avec des traînées derrière les objets en mouvement. Dans l’immense majorité des cas, le temps de réaction actuel est si bas que ce phénomène fait partie du passé.
Une question qui dérange
On le voit ici, le choix de l’une ou l’autre technologie dépend essentiellement de ce que vous en en ferez. Et finalement, si vous choisissez un bon plasma ou un bon LCD en connaissance de cause, vous ne serez pas déçus. La question la plus importante est finalement de savoir ce qui fait d’un téléviseur un bon élève dans sa catégorie, et en l’occurrence, la différence n’est pas forcément là où on l’attend. En focalisant l’esprit du consommateur sur un choix de dalles, les constructeurs évitent de parler de ce qui fait en grande partie la différence entre leur entrée de gamme et leurs écrans plus poussés, à savoir le traitement d’image. Pour avoir une image de bonne qualité en LCD ou en plasma, une dalle de bonne qualité ne suffit pas.

L’électronique de traitement joue au moins à part égale et les disparités d’un constructeur à l’autre, d’une gamme à l’autre, sont énormes. Par exemple, mieux vaut disposer d’une dalle aux couleurs moins riches mais à l’électronique de filtrage du bruit plus aboutie. En effet, les supports actuels, même en haute définition, restent sujets à des fourmillements sur les aplats de couleurs. Les téléviseurs actuels sont capables de minimiser ce bruit vidéo dans les films. Philips a par exemple bâti sa réputation sur l’électronique de traitement, alors que ses dalles ne sont pas les meilleures. Mais à l’image, le résultat est pourtant meilleur sur les appareils haut de gamme du constructeur hollandais. Il est même possible de récupérer des détails sur les sources basses définition pour obtenir une image encore plus définie, presque au niveau d’un film HD, à partir d’un simple DVD actuel. La disponibilité d’une fonction 100Hz est également appréciable. Ce mode d’affichage permet de réduire la latence visuelle des téléviseurs LCD, offrant par là-même une image plus fluide, plus agréable à l’œil. Ces prouesses sont bien sûr réservées au haut de gamme mais si vous avez à choisir par rapport à un grand écran d’entrée de gamme, mieux vaut souvent prendre la taille en dessous en haut de gamme là où le vendeur vous conseillera le plus souvent un appareil d’entrée de gamme dans une diagonale équivalente. Vous en serez nettement plus satisfait. Se focaliser sur une diagonale n’est donc pas forcément une bonne idée même si la tentation est grande, évidemment.
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