Moins de 700 euros pour un vidéoprojecteur. Les plus septiques et les plus passionnés diront certainement qu’il n’est pas raisonnable de penser qu’une belle image soit possible à ce prix. Il est vrai qu’on ne s’attend pas à des miracles, mais pour débuter en home Cinéma, cet Optoma pourrait bien être une bonne surprise.
Le petit poucet de la vidéoprojection
Le HD720X signé Optoma est le moins cher des DLP HD Ready de ce comparatif et certainement l’un des moins chers du marché. D’un point de vue technique, on retrouve tout ce qu’Optoma intègre habituellement dans ses modèles d’entrée de gamme. La puce est une Darkchip 2 de Texas Instrument, associée à une roue chromatique 7 segments, ce qui devrait être intéressant du point de vue de l’effet d’arcs-en-ciel. Les performances annoncées sont dans la moyenne des produits de cette gamme. Un taux de contraste de 3000 :1. Cela semble léger comparé au 10 000 :1 que l’on trouve régulièrement aujourd’hui, mais c’est sur des modèles à plus de 2500 euros. La lampe pourra fournir au maximum 1000 Lumens. Ce devrait être suffisant pour illuminer correctement un écran jusqu’à deux mètres de base. Comme les sources ne sont pas exemptes de défaut, Optoma a tout de même intégré quelques éléments de traitement vidéo. Pas grand-chose certes, mais de quoi gommer un aliasing trop présent ou encore les défauts de compression et les aplats de couleurs. Il y a aussi quelques boosters de couleurs et autres améliorations de profondeur de champ. Toutes ces fonctionnalités portent les noms évocateurs de True Vivid TM et Brilliant Color TM.
Au niveau look, le HD720X se situe entre le vidéoprojecteur Home Cinéma et le data. Sa coque est de couleur noire et ses dimensions assez compactes. Avec un poids de 2.5 kg, il sera facile de le déplacer pour une éventuelle soirée entre amis. Par contre, lors de son installation, on regrettera qu’Optoma n’ait mis qu’un seul pied de réglage. La stabilité n’est pas toujours assurée et on ne pourra corriger les défauts de planéité du support. À l’arrière, on retrouve les entrées vidéo les plus courantes dont une HDMI 1.3 pour la compatibilité 1080P/24P. Pour accéder aux réglages, il y bien sûr les boutons sur la coque elle-même, mais aussi la télécommande rétro éclairée. Sa prise en main se fait sans problème, on regrette juste qu’il y ait un peu trop de boutons. Dernière petite originalité, la prise secteur est placée sur le côté et non sur l’arrière de l’appareil comme habituellement. D’un point de vue esthétique, lors d’un montage au plafond c’est un peu dommage.
En toute simplicité
Étant donné le prix du HD720X, nous ne nous attendions pas à une usine à gaz destinée aux plus passionnés. Dès la sortie du carton nous sommes fixés, ce modèle s’adresse aux utilisateurs nomades ou à ceux qui envisagent les grandes images en toute simplicité. Le principe est simple, on branche la source comme un lecteur de DVD ou une console, on allume le vidéoprojecteur et l’image apparaît. Un petit coup de zoom, un peu léger d’ailleurs en terme de puissance (x1.2 seulement) et un réglage de la mise au point grâce à la bague. L’écran prend le bon format automatiquement, mais l’on pourra choisir 16/9, 4/3, letterbox et natif. On obtient une image de deux mètres de base avec un recul de 3.2 mètres. Avec cette taille d’image, il faudra prévoir un recul de quatre mètres pour ne pas voir les pixels. Ça n’est pas bien grave, car la puissance de la lampe destine ce modèle à un écran de maximum de 2 mètres de base. Avant de commencer les projections, nous passons rapidement voir le menu. Là encore, c’est simple, mais efficace. On peut régler les très habituels niveaux de contraste, de luminosité, les teintes et aussi la netteté. L’accès aux modes préréglés se fait simplement via un seul bouton sur la télécommande. Les modes sont liés aux usages comme Cinéma qui privilégie le taux de contraste, brillant pour les jeux vidéo, ou encore TV pour les retransmissions sportives. Il y a aussi un mode utilisateur pour mémoriser ses propres réglages. Dès lors, on a accès aux gains et aux tendances RVB ou encore aux différents degamma (film, vidéo, graphique, PC).

Pour vérifier la qualité des réglages faits en usine, on passe le HD720X par quelques mires de tests. Il en ressort que les 3 couleurs primaires sont bien saturées et correctement lumineuses. Le rouge manque un poil de saturation, ce qui est facilement corrigible de toute façon. Le taux de contraste est dans la bonne moyenne des modèles DLP avec des noirs d’un bon niveau, mais qui semble légèrement bouchés. Le niveau de luminosité et son uniformité sont optimaux jusque 1.8 mètre de base. Il ne faudra de toute façon pas dépasser les 2 mètres.
Passons maintenant aux DVD. Nous avons choisi des classiques du genre comme Gladiator, Star Wars ou encore le Retour du Roi. Encore une fois, nous avons été surpris par ce petit modèle à 700 euros. Si vous vous contentez de 1.80 mètre de base, et c’est déjà pas mal, on obtient sans problème un taux de contraste très valorisant. La luminosité est largement suffisante quelque soit le mode enclenché. En pratique pour les films, on choisira le mode cinéma qui fait la part belle aux couleurs chatoyantes et aux noirs assez profonds. Cependant, tout n’est pas parfait, car sur certaines scènes bien sombres, les dernières nuances de noirs sont un peu noyées dans la masse. On remarquera d’ailleurs le même genre de chose sur des scènes immaculées de blanc comme de grandes étendues de neige par exemple. Pour continuer sur les points faibles, il faudra absolument pousser la netteté quasiment à son maximum, car par défaut, c’est limite flou.
Avec des sources HD comme le Blu Ray ou HD DVD, on note les mêmes points forts et points faibles que pour le DVD. Si l’on veut tirer le meilleur de la HD, il faudra pousser la netteté. Mais même à fond on reste loin de modèles bien plus onéreux. Enfin en terme de fluidité d’image, tout se passe comme sur des roulettes, de même que pour le bruit vidéo assez bien maîtrisé dans l’ensemble.
Les personnes sensibles aux arcs en ciel seront ravies d’apprendre que le HD720X fait dans le raisonnable. Seuls les plus touchés par le phénomène pourront encore les voir.