C’est le second modèle à moins de 1000 euros que nous avons sélectionné. Utilisant une matrice tri-LCD HD Ready, l’AW15 est simple, dotées de nombreuses fonctionnalités et efficace. Il peut donc être une bonne affaire pour les budgets limités et tous ceux dont les DLP indisposent l’acuité visuelle.
Bien équipé
Le Bravia VPL-AW15S fait partie de la gamme 2007 de vidéoprojecteurs tri-LCD HD Ready de Sony. Basé sur une matrice tri-LCD de 0.7, il offre une résolution native de 1280 x 720 parfaite pour tous types de source HD. Jusque là rien de bien étonnant. Pourtant du côté du taux de contraste, les chiffres s’affolent. Sony annonce un taux de 12 000 :1. (full on/ff). Ce chiffre semble on ne peut plus optimiste étant donné que même les meilleurs vidéoprojecteurs actuels n’y arrivent pas. Ce qui est intéressant ce n’est pas le chiffre lui-même, mais plutôt comment Sony pense y arriver. Depuis le VPL-HS50, Sony intègre un nouveau type de panneaux tri-LCD dont le fonctionnement est à mis chemin entre le réflectif et le transmissif. Associé à un système d’iris adaptatif, le AW15 peut se targuer d’atteindre un taux de contraste théorique élevé. Malgré cette subtilité technologique, ce modèle n’est pas pour autant une machine à gaz destinée aux passionnées. Son usage sera grandement facilité par un lens shift horizontal et vertical, mais aussi par un zoom x1.6 et une focale assez courte. Bien armé, il sera donc facile de positionner le vidéoprojecteur soit sur une table basse, soit sur une tablette murale ou une potence. La lampe de 165 watts permet d’atteindre les 1100 Lumens ce qui sera normalement suffisant pour un écran de deux mètres de base. Pour en finir sur la partie technique, on est satisfait de retrouver le Real Color Processing, cher à Sony, et un traitement vidéo améliorant le rendu global de l’image quelle que soit la source.
Pas de mauvaise surprise
Malgré son positionnement prix, l’AW15 n’est pas habillé de guenilles. Sa robe gris foncé est qualité et ses dimensions en imposent. On a clairement l’impression d’un produit robuste et bien fini. En vue aérienne, apparaissent les boutons de réglages et de marche arrêt, puis en faisant le tour on aperçoit par exemple deux entrées HDMI. L’installation physique est simple, puisqu’une fois alimenté et connecté à la source, le vidéoprojecteur diffuse aussitôt l’image. Un petit réglage de mise au point par la bague puis de zoom pour redimensionner l’écran et le tour est joué. Pour la suite des réglages, on préférera naturellement la télécommande rétroéclairée, qui bénéficie d’une bonne prise en main. Pour les plus novices, il suffit alors de choisir les préréglages implémentés par les ingénieurs de Sony (cinéma, divertissement, salon, jeux vidéo…). Pour les autres, les réglages sont plus que conséquents et peuvent prendre un caractère technique demandant certaines connaissances.

Sur le terrain
Comme avec certains modèles de l’ancienne gamme, l’AW15 a un réglage d’usine qui tire vers le rouge. Les gens ressembleraient presque à des homards fraîchement sortis du court bouillon. Cependant, quelques modifications rapides des données de couleurs et températures redressent bien la barre. Ensuite, il faudra mieux équilibrer le contraste et la luminosité qui ont tendance à brûler les blancs. Si vous ne vous sentez pas l’âme de procéder à ces réglages, demandez, donc un calibrage à votre revendeur, c’est peu cher et au moins vous serez sûr du résultat.
La matrice étant HD Ready, on se lance de suite sur les sources HD. Première chose qui saute aux yeux, l’effet de grille. Il est assez présent surtout sur les teintes claires. Il faudra donc reculer de 2 fois la base de l’écran pour ne plus voir les espaces interpixels. Ensuite, comme nous le disions plus haut, il a fallu revoir l’équilibre contraste /luminosité. Il sera possible d’atteindre l’idéal que si vous vous limitez à un écran de deux mètres de base. C’est déjà pas mal, et de toute façon ce n’est pas du Full HD, donc mieux vaut ne pas trop tirer sur la corde. Une fois ces deux petites choses réglées, place au spectacle. L’image bénéficie d’un bon taux de contraste, du en bonne partie à un iris qui suit assez bien les besoins en luminosité et en obscurité. Ainsi, les noirs vont preuve d’une belle profondeur et la lisibilité des scènes sombres est réellement satisfaisante. Les couleurs sont riches, saturées et naturelles. Avec des sources 576P, le traitement vidéo s’en sort très bien. On ne note pas de gros problèmes d’aliasing ou d’artefact. Il faut absolument respecter la distance de projection pour que la grille disparaisse et pour profiter au mieux du spectacle.
Si l’envie vous prend de jouer à la console dans une pièce éclairée, il faudra ouvrir l’iris à son maximum, mais vous perdrez inexorablement en densité des noirs et en taux de contraste. Par contre, les panneaux réagissent suffisamment bien pour ne pas trop voir l’effet de traîne.
Notre avis
L’AW 15S est un modèle qui ne déçoit pas, mais qui a ses limites. Il faudra se fixer à un écran de deux mètres de base, faire au maximum le noir dans la pièce et respecter un certain recul. Rien de bien gênant en fait, car c’est souvent le cas en vidéoprojection. En respectant ces quelques conseils, on obtient une belle image, qui sait faire honneur aussi bien aux DVD qu’aux Blue-Ray ou HD-DVD.