Le SSD : l'avenir du stockage ?

S’il est bien un domaine qui n’évolue pas aussi vite que les processeurs et les cartes graphiques, c’est celui des périphériques de stockage en général et celui des disques durs en particulier. Certes, les capacités ont monté en flèche avec aujourd’hui des disques capable de stocker 1 To de données mais il faut cependant avouer que depuis la sortie du Western Digital Raptor à 10.000 tours/minute il y a déjà plusieurs années, peu de disques ont pu le dépasser en termes de performance. Pour y pallier, il reste la solution du RAID 0 plus coûteuse mais pas toujours très fiable. C’est pour ces raisons que certains croient énormément à l’avenir du stockage que pourraient représenter les disques Solid Stade Disk ou SSD pour les intimes. Pour les néophytes, il s’agit en gros d’une carte mémoire de grande capacité, comme si votre disque dur était remplacé par une Compact Flash.
L’intérêt ? Un temps de réponse instantané et un silence de fonctionnement sans égal. En effet, le disque dur actuel est un des rares composants à encore proposer un principe de fonctionnement mécanique. Il renferme des plateaux qui tournent autour d’un axe et sur lesquels une ou plusieurs têtes de lecture viennent « gratter » pour lire les données stockées. Le SSD, en étant composé de mémoire flash, élimine ces composants mécaniques et donc les problèmes de bruit et de fiabilité. En termes de performances, le SSD est prometteur même si les débits des premiers modèles n’étaient pas transcendants. Depuis lors, de nets progrès ont été réalisés mais il reste toujours un problème lié à la production plutôt confidentielle de ce type de produits : le prix. Un SSD de 32 Go se négocie en effet bien au-delà des 500 euros. A titre de comparaison, un disque de 1 To, soit 1000 Go, se vend autour des 260 euros. Bref cet article s’adresse à ceux qui sont prêts à dépenser pareille somme dans un disque à la capacité de stockage limitée…
Deux Zepto sinon rien
Cet article trouve son origine dans une proposition du
fabricant d’ordinateurs portables Zepto. En effet ce dernier a ajouté à son catalogue la possibilité de remplacer le traditionnel disque dur 2.5 pouces par un SSD de 32 Go. Il s’agit d’un modèle Mtron de 32 Go dans notre cas bien que sur le site on trouve des disques Samsung. Pour être précis, il s’agit du modèle MSD-SATA6025 qui existe également en version 64 et 128 Go bien que Zepto ne propose pour l'heure que la version 32 Go. A noter que l’option est disponible sur la majorité des portables Zepto. Sur celui que nous avons reçu, à savoir la série Znote 6625WD, le SSD est disponible moyennant un supplément de… 577 euros par rapport au disque dur de 120 Go inclus d’office dans le portable. Autant dire que pour ce prix, il y a plutôt intérêt à en retirer du bénéfice que ce soit en termes de performances, de silence de fonctionnement, voire en termes d’autonomie…
Avant d’aller plus loin, détaillons les portables qui nous ont été livrés. Il s’agit de Zepto Zepnote 6625WD – Graphics. Il s'agit d'ordinateurs bien conçus, robustes et à la finition de très bonne facture. Lors de leur utilisation, nous n'avons rencontré aucun problème. C'est toujours facile de critiquer quand cela ne va pas mais il faut également signaler quand tout va bien. Dont acte. Nos exemplaires sont identiques à tous point de vue, exception faite du disque dur, un SSD Mtron pour l’un et un Seagate 7200.2 120 Go 8 Mo de cache pour l’autre. Voici les composants communs principaux :
- Core 2 Duo T7500 2.2 GHz
- Northbridge Intel PM965
- Southbridge Intel ICH8-ME
- Carte graphique NVIDIA 8600M GT
- 2x1024 Mo de DDR2-400 Kingston @ DDR2-333
- Ecran 15.4 pouces WSXGA+
Voici quelques photos de ces deux portables :
Performances : commencer par configurer Vista correctement...
Mesurer les performances sous Windows Vista n'est pas une mince affaire tant le dernier système d'exploitation de Microsoft est atteint d'un bon nombre de lourdeurs de sécurité ou d'exécution de tâches à votre insu. Dans cette dernière catégorie on trouve l'indexation automatique du disque dur qui est activée par défaut et qui fait travailler énormément le disque, du moins lors des premiers jours et semaines d'utilisation de Vista. Cela a un impact sur les performances mais également sur la consommation étant donné l'utilisation intensive du disque lors de ces opérations d'indexation. Ci-dessous, vous trouverez une illustration de l'impact sur les performances de cette indexation :
Voici tout d'abord les performances obtenues sous HDTune 2.54 du SSD :
Indexation activée à gauche et désactivée à droite. Mêmes graphes avec cette fois-ci le disque dur Seagate 7200.2 120 Go :
Indexation activée à gauche et désactivée à droite.Comme on le constate, la désactivation de l'indexation automatique autorise des débits plus constants et un léger gain en performances. Mais bencher un disque dur qui sert également de disque système est quelque peu biaisé étant donné que le système d'exploitation joue un rôle parasitaire. Les graphes ci-dessous sont cependant ceux à prendre en compte puisqu'ils représentent la réalité des ordinateurs portables dans lesquels ils sont installés. Cependant, nous n'avons pas résisté à l'envie de vérifier les performances de ces disques hors du portable, connecté à la configuration suivante :
- Intel Core 2 Extreme QX6850
- 2x1024 Mo DDR2-800 OCZ
- Disque dur WD Raptor 150 10.000 trs/min
- Carte mère Asus Maximus X48/ICH9-R
- NVIDIA GeForce 8800 GTX
- Windows XP SP2
Voici les résultats obtenus sous HDTune 2.54 sur cette configuration de bureau :
Disque dur à gauche et SSD à droiteLes résultats ont alors été meilleurs, toujours en faveur du SSD. D’une part, les débits sont sensiblement plus élevés mais on notera également qu’ils sont nettement plus constants que sur le portable... Mais ces résultats sont théoriques tandis que les résultats ci-dessus sont plus "pratiques"...
Performances des disques au sein du portable
Nous avons été étonnés dans un premier temps du peu d’écarts de performances "pratiques" entre les deux portables. Nous nous attendions à observer des différences visuelles énormes lors du lancement des applications mais nous avons dû rapidement déchanter. En effet, difficile de trouver extraordinaire le fait qu'Internet Explorer se lance une demi seconde plus vite. Le démarrage de Windows se fait à peine plus rapidement et c’est dès lors la déception qui s’installe très rapidement. Ce n'est qu'avec des applications très lourdes que des différences sont perceptibles. Difficile à admettre quand on a déboursé près de 600 euros pour avoir un disque de petite capacité pas toujours "visuellement" plus performant qu’un disque mécanique.
Pour illustrer cela, voici l'intégralité des tests que nous avons effectué sur les portables :
Les benchmarks donnent un avantage très net au SSD que ce soit l'indice Vista ou PC Mark Vantage. Ces différences nous semblent d'ailleurs trop élevées au regard des impressions pratiques. On ne peut nier que le SSD soit plus performant mais il faudra trouver un cas de figure qui arrievront à vous faire avaler les 600 euros déboursés. On notera que lors de l'installation d'ADobe Potoshop CS3, installation longue s'il en est, on gagne tout de même près de 4 minutes avec le SSD. Pour le reste, ceertaines applications se lancent beaucoup plus vite, à l'image d'Adobe Acrobat Reader.
Performances sur une plateforme de bureau
Une fois sur cette plateforme de bureau, nous avons effectué quelques tests de transferts de fichiers à partir et vers un Raptor 150 Go. Voici les résultats obtenus avec les deux disques 2.5 pouces :
Le SSD Mtron devance donc le Seagate et parfois très nettement. C’est principalement en écriture que la différence se marque le plus avec des taux de transferts peu élevés pour le Seagate. En termes de température, il semble faux de croire qu’un SSD ne chauffe pas. En effet, notre thermomètre infrarouge a mesuré une température de 42°C en surface du SSD Mtron. De son côté, le disque Seagate avait des valeurs variant de 28 à 40°C selon l’endroit où nous pointions le laser de notre thermomètre.
Et la consommation ?
En matière de consommation, un disque flash ne consomme pas beaucoup moins qu’un disque traditionnel. Pas de quoi rentabiliser les 600 euros que vous aurez déboursés pour l’acquérir dans tous les cas. En parlant de consommation, et puisque nous avons ces portables Zepto sous la main, nous en avons profité pour mesurer la consommation dans divers cas de figure grâce au logiciel Battery Status. En outre, Zepto nous a fourni en plus des batteries de base, des batteries 12 cellules à la capacité importante. A noter que ces deux batteries n’ont pas affiché la même capacité globale avec 92272 mWh pour l’une et 87955 mWh pour l’autre. Voici donc les consommations et en regard l’autonomie estimée en fonction de la capacité des batteries. Nos mesures réelles d’autonomie ont donné des résultats similaires, à quelques minutes près.

L'utilisation d'un SSD entraîne un gain en autonomie mais plutôt faible puisque dans le meilleur des cas, en idle et donc peu réaliste, on gagne 29 minutes. Rapporté à l'autonomie mesurée dans ce cas de figure, on gagne environ 10%.
Intéressant un SSD ?
Alors, intéressant un SSD ? Si on tient compte du prix, certainement pas. Ajouter près de 600 euros au prix final de son portable pour une capacité moindre et un niveau de performances supérieur, pas toujours de beaucoup, relève clairement du luxe, du grand luxe voire la volonté de faire partie de la jet set du hardware. Certes, théoriquement un disque SSD ne fait pas de bruit. Oui et non car un bruit « électronique » est audible lors des accès disque si on approche son oreille du clavier. Pas dérangeant mais présent dans un environnement très calme. Cependant, dans un portable comme celui que nous avons testé, c’est surtout le ventilateur assurant le refroidissement du processeur et de la carte graphique qui est le plus bruyant, réduisant à néant l’intérêt du SSD en la matière. Autre (petit) atout du SSD, sa consommation. En effet, il consomme un petit peu moins qu’un disque classique mais là non plus, pas de quoi rentabiliser les 600 euros investis. Autant alors les consacrer à l’achat d’une batterie plus performante ou à l’acquisition d’une seconde batterie.
Le SSD constitue probablement l’avenir en matière de stockage mais il est encore trop tôt pour se ruer sur cette technologie pour l’heure très coûteuse. Vous aurez compris que ce n’est pas dans un portable comme celui que nous avons eu en test qu’un SSD sera à sa place mais plutôt dans un ultra-portable où le silence et la faible consommation sont des maîtres mots, plus que le rapport qualité/prix…